
A l'IUT « Stid » (*) de Vannes, en première année, les étudiants réalisent une étude statistique. Cinq d'entre eux ont choisi d'enquêter sur les jugements en 2001 des « 18-25 ans » au tribunal correctionnel, un sujet proposé par le SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation).
De tels travaux avaient déjà été menés les années précédentes. Pour Alain Lelandais, directeur du SPIP du Morbihan, « cela nous permet d'ajuster nos dispositifs afin de mieux prévenir la récidive, ce qui est notre mission ».
38 % déjà condamnés
Nos étudiants se sont partagé la tâche : deux au tribunal de grande instance de Lorient, les trois autres à celui de Vannes. Ils se sont enterrés sous les dossiers, ceux de 604 individus à Lorient, 533 à Vannes. Ont été seulement écartés une poignée de dossiers incomplets ou indisponibles.
Chacun des deux groupes a retenu un certain nombre de variables : sexe, âge, type de délit, jour où le forfait a été commis, jugement... Les données ont été saisies dans les tribunaux pour respecter l'anonymat de la population passée au crible.
Il ressort de leurs deux études que 38 % environ des « 18-25 ans » jugés l'an passé avaient déjà été condamnés. Par ailleurs, les délits restent l'apanage du sexe masculin : à 93 % dans la juridiction du tribunal de Lorient (l'ouest du Morbihan) et 91 % dans celle de Vannes, les femmes commettant surtout des vols.
Délits routiers et vols en tête
Les forfaits sont majoritairement l'œuvre d'individus âgés de 21 à 22 ans à Lorient, 19 à 20 ans à Vannes alors que la répartition par tranche d'âge est sensiblement la même d'une juridiction à l'autre.
Quant au type de délits poursuivis, les délits routiers - souvent accompagnés d'une alcoolémie positive- et les vols viennent en tête, autour de 30 %. Suivent à Vannes, les affaires de stupéfiants, 19 % et les violences, 5 %.
A l'inverse, à Lorient, les violences représentent 25 % des dossiers et les infractions à la législation sur les stupéfiants 9 %, toujours selon les études de ces étudiants.
Ces différences d'une juridiction à l'autre, notamment dans la proportion des affaires de violence, peuvent s'expliquer par les types de délinquance, qui varient d'un lieu à l'autre.
Mais il faut aussi prendre en compte le travail des forces de l'ordre et la politique des parquets, qui décident, en dernier ressort, de poursuivre ou non devant un tribunal correctionnel.
Au SPIP du Morbihan alors maintenant de jouer et de tirer la substantifique moelle de ces études pour mieux connaître le profil de ses « clients ».
* Statistique et traitement informatique des données.
Pierrig Guennec
Le Télégramme, 21 juin 2002
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