Hier, 250 étudiants en informatique et en statistique de l'IUT ont planché sur un texte de 372 mots. Le premier a réalisé huit fautes et le dernier... 108.
D'emblée, l'enseignante annonce la couleur : « Vous aurez besoin de deux copies. Vous allez voir, ça va vous mettre dans l'ambiance des partiels. » Prof d'expression et de communication, Florence Miton est aussi l'un des auteurs de la dictée de rentrée de l'IUT qui s'est déroulée hier après-midi. La réaction des étudiants ne se fait pas attendre : « Vache, çà promet ! », lâche, au fond de la salle, l'un des 250 futurs statisticiens et informaticiens. Les trois premiers participeront à la prestigieuse dictée de l'École centrale à Paris en mars prochain.
Un texte de 372 mots
« A partir de maintenant, plus un mot. Vous êtes tous des concurrents ! » Dans la salle, le silence est d'or. C'est parti. L'enseignante s'applique à articuler chacun des 372 mots de la dictée. Rien n'est épargné aux anciens écoliers. « Galimatias », « dysorthographie », « m'as-tu-vu », « pataquès », « a posteriori »... les difficultés s'amoncellent. Des soupirs s'élèvent. Les sourires du début sont ravalés. « Je vous laisse vous détendre musculairement. Mais sachez que tout mot illisible sera compté comme une faute », prévient-elle. Une demi-heure plus tard, les étudiants peuvent souffler.
A la sortie, les sentiments sont mitigés : « Le français et moi, ça fait deux, confie Gaëlle Bocéno, en 1re année d'informatique. En plus, il y avait pas mal de mots latins inconnus pour moi. J'ai essayé de m'en sortir en écrivant en phonétique. » Pour Fabien Goupilleau, en revanche, ça a été plus facile. L'an passé, il n'avait fait que trois fautes et avait été sélectionné pour l'épreuve parisienne : « Cette fois, je vise les quatre ou cinq fautes. Il y a un mot au moins que je pense avoir bien écrit, c'est « vade-mecum ». Normal, c'est la marque de mon dentifrice ! »
108 fautes !
Les profs de l'IUT, eux aussi, n'ont pas hésité à mouiller leur maillot en participant à la dictée. « Quand on se retrouve à la place des élèves, on s'aperçoit que ce n'est pas si facile », témoigne Élisabeth Le Saux, prof d'informatique. « Il y a des mots que je connaissais pour les avoir entendus mais je n'avais jamais eu l'occasion de les écrire. J'ai un peu improvisé », avoue-t-elle.
L'improvisation a parfois du bon. La preuve : l'enseignante n'a fait que trois fautes. Bien loin devant les étudiants. Le premier, Jonathan Bayle, inscrit en deuxième année d'informatique, totalise un score de huit fautes, le second, Alexis Dalbeigne, en première année de statistique, de onze fautes et le troisième, Julien Le Bayon, en première année d'informatique, de dix-huit fautes. Bon dernier, un étudiant a réalisé... 108 fautes.
Lionel CABIOCH.
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