Il n'y a pas que les grandes écoles ! Des BTS aux masters en passant par les écoles privées, beaucoup d'autres formations de qualité offrent de larges débouchés. Un espoir pour les jeunes qui ont manifesté contre le CPE. Et pour leurs parents.
En mai, fait ce qu'il te plaît. L'adage ne convient guère aux 500 000 lycéens qui s'apprêtent à passer leur bac. Ni à leurs parents. Pour eux, mai rime plutôt avec inquiet. Quelle formation choisir à la rentrée prochaine ? Fac, classe préparatoire, IUT ou école privée ? Et y aura-t-il de vrais emplois à la sortie ?
Cette angoisse s'est exprimée avec la violence que l'on sait lors de la crise du CPE. L'idée reçue est que la plupart des universités fabriquent aujourd'hui des chômeurs. Et que, hors les grandes écoles ou institutions du même genre (qui n'accueillent qu'environ 30 000 jeunes par an en les triant sur le volet), il n'y a point de salut.
Fort heureusement, cette caricature ne correspond pas à la réalité. Certes, il est vrai que beaucoup de filières, où s'engagent tous les ans des bataillons de bacheliers (facs de lettres, de psycho, de socio...), n'offrent pratiquement aucun autre débouché que la fonction publique. Mais il existe aussi, et en grand nombre, des établissements supérieurs de qualité, souvent peu connus du grand public, mais en phase avec le marché du travail et dont les étudiants n'ont pas de souci à se faire. Nous en présentons cinquante dans ce dossier. A la sortie, 70 à 100% de leurs diplômés trouvent leur premier job en moins de six mois, et parfois tout de suite, sans avoir à envoyer un seul cv.
Bref, il faut se méfier des vieux clichés. Comme celui qui présente sous un mauvais jour les petites écoles de commerce ou d'ingénieur recrutant directement leurs élèves après le bac au lieu d'aller les chercher, comme les "grandes", dans les classes préparatoires. Certaines se sont taillé une excellente réputation, grâce à un enseignement concret, ponctué de nombreux stages et de séjours à l'étranger, qui répond bien à la demande des entreprises.
Ce pragmatisme fait aussi le succès des bonnes écoles formant à des métiers spécialisés, où les jobs ne manquent pas (arts graphiques, hôtellerie, mode, design). Et celui des masters professionnels, qui dépendent des facs mais s'en démarquent totalement : sélection à l'entrée, immersion en entreprise pendant les études...
Insertion rapide à la sortie des bons BTS ou IUT
Enfin, les jeunes pressés de démarrer leur vie professionnelle peuvent s'orienter vers un des BTS ou des DUT que nous avons sélectionnés. A l'image d'Alia Benhizia, une jeune opticienne de 22 ans qui a déjà changé plusieurs fois d'employeur parce qu'elle a sans cesse des propositions d'emploi. Peut-être en aura-t-elle encore une nouvelle en mai. Alors, elle fera ce qui lui plaît...
Formations courtes :
les bons BTS ou DUT ont plus que jamais la cote
Visite guidée du stade de France, prise de contact autour d'un buffet fin signé Daloyau... En septembre dernier, la Société générale a mis les petits plats dans les grands pour accueillir 350 jeunes candidats à l'embauche. Des cracks de grandes écoles ? Pas du tout. Ceux-là n'avaient en poche qu'un BTS ou un DUT. Des formations courtes, pas spécialement prestigieuses mais très appréciées des employeurs. Et pas seulement des banquiers. La raison ? A la différence des universitaires, ces bac + 2 ont suivi un enseignement concret et adapté à la demande du marché. En outre, ils n'ont pas la grosse tête et sont beaucoup moins chers que les ESC ou les ingénieurs (leur salaire au début oscille entre 18 000 et 23 000 euros par an). Il existe 145 sortes de BTS (examens nationaux préparés dans les lycées) et 24 DUT différents (délivrés par les IUT). Ceux que nous vous présentons ici n'ont aucun problème de débouchés : 70 à 99% de leurs diplômés trouvent un premier job en moins de sept mois.
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Diplôme universitaire de technologie (DUT)
Statistique et traitement informatique des données
* Diplômés en 2005 : 500
* Diplômés placés en moins de sept mois : 95 %Seulement douze IUT, comme celui de Vannes, le plus réputé, forment au métier de statisticien, qui a actuellement le vent en poupe. Leurs diplômés sont très recherchés par les banquiers et les assureurs (pour évaluer les risques clients), les grands distributeurs et les marques grand public (pour gérer les bases de données marketing) ou les instituts de sondage.
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Bruno Declairieux
Capital, mai 2006
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